Baptiste Poisson
Paysage Mental, 2020
Projection vidéo HD en stop motion, 3 min 56 sec

 L’élément fondamental de mon art dynamique est la forme visuelle colorée, analogue au son de la musique par son rôle.
 Léopold Survage*

D’après les connaissances scientifiques actuelles, les notes et les couleurs semblent tissées de la même étoffe. Perçues par nos sens, elles fournissent des informations essentielles pour le fonctionnement de nos affects et de nos instincts. En tant que repères dans notre paysage, elles nous permettent d’identifier des objets, de communiquer et de se localiser dans l’espace-temps. Elles évoluent sur des systèmes ondulatoires, qui par leur relation à nos organes sensibles et leur structuration par le mental, définissent notre perception du réel. 
Inspiré par le philosophe et sémiologue Charles Sanders Peirce, Baptiste Poisson interroge les signes et leurs interprétations en développant une forme abstraite. Son flux saccadé qui transforme les photographies en vidéo n’est pas sans rappeler le cinéma expérimental de Chris Marker ou du plasticien Lei Lei.
Une transfiguration du langage photographique par ses composantes picturales et dynamiques permet à l’auteur d’utiliser la ligne pour tracer un mouvement continu entre le corps et l’appareil afin d’évoquer des paysages internes. Les ambiances sonores deviennent visuelles par un jeu sur la couleur et la gestualité. Produits d’un dialogue entre un corps, un dispositif et un outil, les projections perspectivistes et les évènements émotionnels prennent alors une forme nouvelle et poétique laissant place à la contemplation. L’effacement du référent formel (en tant que ce qui est pris en photo) permet de valoriser le signifiant à travers l’expression de la lumière qui devient alors le principal médium.
* Sophie Duplaix, Sons & Lumières : Une Histoire du Son dans l’Art du XXe siècle, Catalogue d’exposition, Centre Georges Pompidou, 2004, cité p. 25.




Sens de la visite
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