Fabienne Ehrler
Ile au lieu d’ailes, 2019
vidéo, version un seul écran, 17min 2sec.

Identification et différenciation. Pour celleux qui peuvent voir, le monde franchit la nuit claire de la pupille et se soumet à une métamorphose. 

Un corps. Jamais unifié mais morcelé, divisé, biaisé. Un corps qui ne s’affiche jamais dans sa totalité, échappe sans cesse. Il se soustrait à son identification et demeure un personnage anonyme. Entre frustration et désir, l’écart joue son jeu.

De la même manière, Fabienne Ehrler ne pense pas l'écran comme un lieu de séjour. En vérité, son espace n’existe pas. Sa chair est translucide, son intérieur virtuel et ainsi immatériel, sa substance alors déniée et non palpable. Et pourtant, il fait corps.

Dans la vidéo, la surface de peau visible est aussi importante que la figure suggérée. Le corps qui se dissout acquiert le même mode d’existence que l’écran : tous les deux ouvrent sur des espaces imaginaires sans vraiment y donner accès. En ce sens, se révèle l’idée que le corps est un écran et inversement. De plus, les éléments de la vidéo se trouvent sans cesse dans un entre-deux jusqu’à se heurter à la surface invisible qui fait frontière. Pas de passage mais une situation d’arrêt et les vagues caressent la plage. La nature est érotisée. L’écume détient des forces de grande agitation. Tel est le cas pour le « corps-écran ». Il est troublé. Les réalités se dissolvent, les vérités également.


@fabienneehrler​​​​​​​
Fabienne Ehrler, Ile au lieu d’ailes, 2019, vidéo, version un seul écran, 17min 2sec.


Sens de la visite
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